Reports concerts n°6

Festival antiraciste de Genève, l'usine, du 25 au 27 mars 2005
Après un long voyage en train et le passage obligatoire par des douaniers blasés " vous allez à l'usine ? " nous arrivons devant la fameuse salle où malgré nos réservations nous devons faire la queue pendant des heures. Je ne comprend vraiment pas comment fouiller une personne et lui vendre un billet puisse prendre tant de temps. Cette attente nous fait rater presque trois heures de concert. Une fois enfin rentrés nous montons voir les copains cri d'alerte qui, comme à leur habitude, sont très en forme. Ils sont dans la salle du haut, de dimension moyenne, il y a un miroir derrière eux en biais : on se voit tout en voyant le concert ! Un set très péchu de street punk sans surprise. Ensuite nous partons à la salle de l'artamis, à l'extérieur de l'usine, pour aller voir razzaparte, un groupe de oi d'Italie dont nous attendions beaucoup. Hélas cette bonne oi ! est gâchée par des passages métal, voire fusion ; lassés nous en profitons pour aller manger : le moloko est un bar avec une petite scène qui sert des plats de chili sin carne délicieux et pas cher du tout. Ensuite je descend voir die tornados, un groupe de ska allemand traditionnel avec une chanteuse, que j'étais très impatiente de voir. Je ne suis pas déçue, la voix et magnifique et les gros allemands du groupe savent manier leurs instruments ! Pour finir je monte voir oi'n ast qui ne m'a pas laissé de souvenir impérissable
Le second soir, par son monde et le nombre du groupe, tiendra plus du parcours du combattant que de la promenade de santé ! Cette fois-si l'attente est très courte car nous avons nos billets, mais certaines personnes venues de loin seront très déçues en constatant que la salle est archi-complète et ne peut plus les accueillir. Le premier groupe est lumpen, de la oi ! d'Italie dans la tradition du genre, efficace mais statique. Ensuite nous voyons runnin riot, un groupe de street punk irlandais qui assure vraiment (même si mon gay skin a passé le concert à dire " mais qu'est ce que ce chanteur est moche " ce dont je me fiche un peu personnellement : , surtout après avoir vu celui des pttb qui le bat à plate couture ), un groupe qui mérite une meilleure exposition à mon avis. A l'étage je vois le début de de fatwa's, un groupe de hardcore féminin qui le fait bien et qui sont complètement cinglées (pour vous donner une idée, elle font des culottes avec des cadavres de poissons imprimés dessus et écrit " real flavour " ou un truc comme ça !!) après je sais plus ce que j'ai fait jusqu'à human alert, qui font partie des groupes que j'ai préféré voir dans les trois jours. C'est un groupe de punk complètement barré, je ne sais pas si ça vaut quelque chose sur disque mais sur scène c'est énoooorme, ils sont fous arrêtez les !!! il faut le voir pour le croire alors hésitez pas, ils ressemblent à rien et font n'importe quoi mais que c'est bien (mais ils savent jouer quand même !!) juste après viennent kidnap qui m'avaient un peu déçus lors de leur passage à Blois mais là il n'y a rien à redire, tous les classiques sont joués et chantés en cœur, je suis aux anges ! (et quand je connais pas par cœur je fait semblant : ). Malgré leur âge le plaisir est là et partagé. Bon ensuite on descend voir steno and laida bologna crew (ex nabat) qui paraît-il on fait un excellent set mais moi je discutais avec une vieille légende (va t-il apprécier ce qualificatif ?) alors j'ai pas trop suivit, mais de toute façon chaque année je passe à coté d'au moins un groupe inratable. Suivent peter and the test tube babies, l'atmosphère commence à devenir irrespirable et tendue (fatigue, stress, claustrophobie…) en plus c'est nul, le chanteur arrive plus à bouger ou à chanter (l'intro du set est hallucinante " he's fat, he's gay, he's fatigué " en boucle… RIDICULE) il a un t-shirt che guevara tout juste bon à faire une tente pour trois enfants, bref c'est tellement pitoyable qu'on en profite pour aller manger. On revient pour les très attendus sham 69… dont je ne verrais rien : écrasée entre des personnes trop grandes pour me laisser voir la scène, étouffée par la chaleur et la fumée, je suis obligée de sortir pour pas m'évanouir. C'est une grosse déception (en plus dehors il pleut) d'autant qu'il paraît que le set était parfait (tout le monde a repris " if the kids are united " ensemble , ce qui n'a pas empêché un mec de se faire défoncer le soir même pour un t-shirt perkele, et les incidents du lendemain d'éclater)
Le lendemain il y a moins de monde, il fait beau et on rentre vite, youpi tralalala (si on exclut un gros relou à l'entrée, bimbam boum paraboots dans tes dents) on va vite à l'étage voir les copains moonlight wankers, l'ambiance est familiale et détendue, de la bonne oi ! mélodique bon esprit, on rigole bien. Ensuite il y a hors contrôle qui m'a bien plu même si, écrasée par la fatigue accumulée, je suis assise par terre 9 . Ils ont un public de véritables fans excités, qui connaissent tous les morceaux par cœur, c'est impressionnant pour deux petits mecs et leur boite à rythme ! suivent lutece borgia, les frères des moonlight, qui nous font un set sympa mais là je commencé carrément à m'endormir, vraiment aucune rigueur journalistique !
Après ça nous décidons, au vu de l'affiche alléchante, de finir la soirée dans la salle de l'artamis. Le premier groupe que nous attendons est the janitors dont nous savons qu'il risque d'être agité, puisque la " jeune garde " (des reds de paris dont je ne connaîs pas vraiment les liens avec le RASH (qui d'une manière générale se tint plutôt à part de la rixe) très jeunes et très agressifs avec de beaux t-shirts " staline crew " ) a prévu depuis plusieurs mois d'attaquer ce concert. La raison évoquée est la reprise d'une chanson de skrewdriver dans un concert (chanson du premier album à l'époque où cela ressemblait encore à de la musique et où aucune parole ne suspectait que les membres étaient nazis). Sauf que là ce n'est pas des gens qui veulent une explication que nous voyons arriver mais des parisiens souhaitant taper du parisien (dans les mecs qui défendent les janitors il y a des reds, ça tourne vraiment au red contre red) accompagnés d'allemands et d'espagnols à qui on a expliqué je ne sais quoi et de quelques hystériques racontant n'importe quoi " ouiiii ils ont joué devant 50 bras tendus au oi en France " au secours ! Les janitors essaient de jouer tout de même (dont leur chanson anti-fasciste mais je ne pense pas que la jeune garde connaissent leurs chansons de toute façon) mais les bagarres et les slogans comme " skinhead only red " n'aident pas à mettre l'ambiance ! Finalement une initiative intelligente du pâtre qui prend le micro et demande à tout le monde de se calmer provoque le départ des excités (un mec avec un t-shirt brigada ne pouvant pas avoir tort !! : ), et le concert peut se finir tranquillement, car the janitors ce n'est pas un horrible groupe de RAC mais un excellent groupe de rock'n oi avec un chanteur dont la voix originale apporte un truc en plus.
Ensuite la soirée psycho peut commencer !!! Je n'en avais jamais vu en concert on peut dire que pour une première fois j'ai été servie. Le premier groupe est manor freaks, un groupe français composé de punks et de psycho dont la musique est à l'image des membres, un mélange subtil et efficace qui m'a emballée, avec un chanteur fou au look dément qui grimpe sur les murs. Je pense, après leur passage, avoir vu un truc vraiment cinglé, mais là arrivent les banane metalik et à coté les manor freaks sont de gentils fonctionnaires de la RATP !!! un décor d'hôpital sanglant est installé avec faux cerveaux, membres découpés… le contrebassiste est en infirmière sanglante, les guitaristes en chirurgien et médecin psychopathes et le batteur en malade bandé. Quand au chanteur c'est une véritable œuvre d'art avec un maquillage de diable hyper réussit et de faux lambeaux de peaux se détachant de son corps. Le set inclut d'anciens et nouveaux morceaux, tous excellents, le jeu de scène est génial, il y a un mec qui vient déguisé en différents personnages, c'est du vrai, du grand spectacle ! les instruments sont maltraités dans tous les sens, l'énergie dépensée est démentielle, bref c'est un de mes meilleurs souvenirs de concert !!
Après ça les demented are go ont beau être des légendes vivantes, on se dit quand même qu'il va falloir qu'ils assurent. Ils ne déçoivent pas malgré une plus grande sobriété. Le contrebassiste a une basse customisée sur laquelle le chanteur grimpe quand il est content, le son est puissant, la maîtrise parfaite. Un festival qui s'achève en beauté…
Merci au tourangeaux pour le dodo et le voyage retour !

 

Mad sin, us bombs, deadline, generators, samedi 9 avril 2005 au nouveau casino, paris
L'entrée est très chère : 20 euros, et les consommations servies par des serveurs désagréables (dont un avec un t-shirt KGB avec le " g " en faucille et marteau, comme quoi certains bourreaux sont à la mode en ce moment… vous avez vu les sweats " CCCP " sortis par adidas ? heu je m'éloigne du sujet là) sont hors de prix (7 euros pour une bière et un jus d'orange !) en dehors de ça la salle est sympa avec une mezzanine. Generators ont commencé quand on arrive et c'est un chouette groupe de punk'n roll. Ensuite il y a deadline qui fait un excellent set (leur dernier album venait juste de sortir, tout le monde s'est jeté dessus et j'ai pas pu en avoir) et même si je les ai souvent vu j'apprécie. (pour ceux qui connaissent pas encore, si ça existe, deadline c'est du street punk léger avec une chanteuse qui chante merveilleusement) Par contre le public est atone est le restera quasiment toute la soirée, les parisiens sont blasés ou quoi ? ce qui vient ne risque pas de les réveiller : les vieux us bombs sont pitoyables, entre un chanteur complètement camé qui tient à peine debout et des musiciens qui ont l'air de s'ennuyer profondément. On attend que ça passe péniblement… heureusement mad sin arrive et parvient même à réveiller la salle, le set est foufou, super efficace, avec crachat de feu et contrebasse qui envoie des " feu d'artifice " (je ne sais pas comment appeler ça, c'est comme les trucs qu'on met sur les gâteaux d'anniversaire, en 50 fois plus grand). Décidément les psychos ont le sens de la mise en scène !
Voilà, sinon entre les groupes y'avait un mec qui chantait du elvis et du Johnny cash, c'était rigolo, à défaut d'être à mon goût.
Un graaaand merci à céline et tof pour le super accueil.

 

The sirens le samedi 16 avril 2005 au donalds pub, tours
C'est un groupe de rock'n roll avec trois filles (guitare basse chant) et deux garçons (guitare batterie)habillés dans des combinaisons couleur or, qui viennent de Detroit aux États-Unis et qui font que des reprises.
C'est du bon rock'n roll sur certains morceaux, sur d'autres ça vire au glam et c'est chiant. En tout cas ça change de ce qu'on voit d'habitude, ça fait plaisir…

La verue berlue+pekatralatak samedi 7 mai 2005 au napoléon, Tours
" pour la première fois à Tours " joue la verue berlue, c'est à dire un mec tout seul avec sa guitare et sa boite à rythme qui vient de Paris et qui fait du punk. La comparaison avec urban blight est bien sûr inévitable, même minimalisme, même engagement. Le tout reste un peu figé et répétitif. " pour la dernière fois à Tours " jouent les pekatralatak que je voit avec un petit pincement au cœur puisqu'ils arrêtent et que j'ai toujours aimé leurs sets agités. Leur nouveau bassiste officiait qui est plus nerveux que l'ancien, melvin faisait des chorégraphies et des blagues débiles, c'était bon enfant et super sympa. Un groupe qui ne laissera pas de traces discographiques mémorables mais qui restera irremplaçable en concert et en provocations diverses… un DVD d'eux va sortir, si on en croit les bandes annonces promo ça va être bien foutu.

The finger tips + zodiac killers lundi 23 mai 2005 au tir na nog, Joué les Tours
Finger tips c'est un groupe de punk'n roll de Tours qui draine un public de véritables fans avec un grand chanteur assez charismatique. Sans hurler à la mort lorsque ce dernier se trémousse j'apprécie quand même ce groupe qui livre des prestations en anglais supers efficaces. Après il y a zodiac killers qui officient dans le même style et viennent des Etats Unis, ils ont des déguisements rigolos et une superbe guitariste pin-up (ça doit faire mal au pied de jouer en talons si longtemps) qui n'arrêtent pas de parler en anglais entre les morceaux, on comprend rien et c'est assez pénible, mais musicalement ça le fait (cf chronique en ces pages)

Anita hill+wunderbach samedi 28 mai 2005 près de Poitiers
"près de Poitiers" est un bien grand mot vu le nombre de kilomètre dans la cambrousse qu'on a du se taper pour arriver dans une improbable salle des fêtes… le concert est gratos ce qui est sympa mais le public clairsemé, sûrement à cause du coté paumé de l'endroit… ça n'empêche pas anita hill, le premier groupe, d'avoir direct la patate. C'est tellement bien joué et le son est tellement bien que je crois d'abord à un playback ! c'est un groupe de punk qui chante en anglais avec une grande chanteuse complètement cinglée, avec une voix superbe et un jeu de scène terrible. J'ai vraiment halluciné sur ce groupe, c'est excellent. Après les wunderbach s'installent. Ils ont pris 20 ans dans la gueule (sauf les nouveaux) et kiki n'est plus au chant donc je suis un peu inquiète… ben non car dès les premières notes la magie s'opère, tous les tubes sont repris en cœur, un vrai bonheur ! le chanteur ressemble à roy pearce sans les yeux qui louchent (cheveux longs, pantalon de cuir…) mais a toujours la patate, il n'arrête pas de gueuler " girondins de bordeaux " ce qui fait plaisir au reds bordelais (par contre quand il chante " pas de référence " ils aiment moins) mais ce que je trouve un peu ridicule. L'absence du chant de kiki se remarque mais ne gâche pas l'ensemble. Seul les positions salaces du chanteur sur " détournement " me dégoûtent un peu. On peu dire que cette reformation c'est vraiment pas du vol, ça fait super plaisir.

Rythm'n boots+rassoudok+unite against society+the vendetta, samedi 18 juin 2005, pub bierstube, Tournai (belgique)
Youpi, un concert en Belgique loin des embrouilles hexagonales… ben non, raté, enfin vous verrez.
Rythm'n boots c'est un groupe de oi ! de bretagne. Ils sont complètement bourrés et c'est assez chaotique, mais c'est de la bonne oi ! avec une reprise massacrée de toile d'araignée d'antipatik. Je rate quasiment tout rassoudok pour aller manger une pizza mais la fin montre un groupe encore plus bourré que le précédent. Les français ne sont décidément pas très sérieux.
L'ambiance commence à se gâter sur unite against society, un groupe belge de hardcore punk aux zicos très sexys qui jouent bien ce qui ne gâche rien. Quelques membres du public se prennent pour les disciplines (le groupe d'intellectuel) et sont très lourds (au propre comme au figuré) , mais tout d'un coup tout le monde sort dehors, car il y a une grosse baston : apparemment un skin a eut la mauvaise idée d'être noir et ça ne plait pas à quelques nazillons, enfin si j'ai bien tout compris, mais c'est pas très intéressant. En tout cas le fait est que sur une cinquantaine de personnes à peine 20 semblent avoir regardé les groupes. L'embrouille se calme mais il n'y a quasiment plus personne pour voir the vendetta, qui sont pourtant venu d'Italie en voiture exprès pour jouer, ils doivent être bien déçus. Ce sont des ex bloodline dont ils jouent plein de morceaux avec plein de bonne volonté et ça serait excellent dans une autre ambiance. On repart dégoûtés, en plus tout les hôtels sont complets, dodo sur une aire d'autoroute à flipper d'être enlevée par des camionneurs pervers… merci à despé et Océane ainsi qu'à mon kouni pour avoir quand même gardé le sourire !

D.F.I + operation eat shit samedi 25 juin 2005, bar le napoléon, Tours
Alors le concert devait être gratuit mais finalement non, c'est pas cool. D.F.I commence, c'est un groupe de grind de Tours qui, dans leur genre, se débrouillent pas mal, après j'ai du mal à saisir une différence entre les morceaux. En tout cas c'est plein d'énergie et bon esprit. Ensuite operation eat shit sont des Lillois qui jouent du punk hardcore à chant féminin et une reprise des ramones, c'est pas mal du tout bien joué et pas répétitif, mais un peu court. Attention les tourangeaux, la direction du napo a changé et maintenant les concerts commencent à l'heure ! ne plus se ramener trois heures en retard sinon le concert est fini ! A noter que ce concert était organisé en opposition au fury fest et son " music business ", initiative avec laquelle je suis plutôt d'accord !