MEDEF INNA BABYLONE

Voilà donc une interview de MIB,un groupe de punk toulousain très péchu et original avec un homme orchestre en guise de chanteur et de très bonnes paroles. Une interview réalisée chez le batteur dans une bonne ambiance alcoolisée malgré une vessie (la mienne) défaillante. En tout cas c 'est la première fois que tous les membres d 'un groupe s 'expriment de façon si équitable dans une de mes interviews. Désolée pour les non-toulousains pour qui certains propos resteront obscurs, mais vu la longueur de l 'interview chacun devrait y trouver son bonheur.

Aurélie : présentez-vous !

Yves : bonjour je m 'appelle Yves et je suis batteur de medef inna babylone

Julien : moi c 'est Julien et je suis aussi dans les MIB. Je fais de la guitare, enfin j 'essaie.

Momo : moi c 'est Momo je suis bassiste dans les MIB et je jette des canettes sur les CRS.

Bubu : je suis Bubu, aussi dans les MIB et je fais le reste.

A : Un petit historique ?

Bubu : vas-y Yves je t 'en prie

Yves : heu moi je l 'ai déjà fait pour un heu un magazine (éclat de rire général vu que le monsieur parle de Punk Rawk) donc heu Bubu tu vas le faire

Bubu : En fait avant, on faisait un groupe avec Yves, il s 'appelait les Dead Balladur ou Dead Balladurs j 'ai jamais su si y 'avait un s à la fin. C 'était comme Dead Kennedys alors il devait y avoir un s. C 'était du punk, un peu du n 'importe quoi, ça partait dans tous les sens.

Yves : ouais en fait le principe, c 'était qu 'on ne savait pas jouer mais on voulait quand même crier alors on a commencé comme ça. Une base technique proche de zéro et puis voilà au feeling, on a fait ça pendant 2-3ans

B : moi je me roulais par terre, je poussais des cris Puis moi, j 'ai fait un concert acoustique avec Juju, enfin 2 morceaux. Et après, y 'a Momo qui a fait un groupe qui s 'appelait les Owens et les Voodoo Free Peak où il faisait la batterie. Et puis après, moi je suis revenu de l 'armée et la réunion de tout ça a donné les MIB en 99.

A : Et vous avez sorti quoi depuis ?

Y : ben au début, on voulait juste faire du bruit, des choses qui nous plaisent et comme on s 'est rendu très vite compte qu 'on était nul pour les reprises ça s 'est plutôt transformé en compos, on s 'est dit « tiens on va faire un studio, ça a l 'air rigolo » et on a enregistré 7 titres

B: t 'as sauté la démo là

Y : oui c 'est vrai on a enregistré une démo dans une salle de répète, 4 titres très peu diffusés et injustement méconnus (rires) Alors on s 'est dit qu 'on allait le refaire et on a fait 7 titres ça s 'appelait Entreprenarial Vibrations en 2001. Une fois qu 'on l 'a sorti, on a réalisé qu 'on était absolument pas préparé à faire ça, et on a commencé à essayer de faire des concerts et comme on n 'en avait pas trop, à la place, on faisait des compos et donc on a décidé de retourner en studio pour les enregistrer cette année en 2003. On a donc fait un deuxième CD de 11 morceaux. Entre temps la situation a évolué et on a fait plus de concerts et moins de compos, donc y 'aura peut-être jamais de 3ème CD (rires) en tout cas pas avant longtemps.

B : y 'a une anecdote qui est rigolote, c 'est que François de Vendetta qui est parmi nous avait chroniqué le 1er 4 titre en disant que le son était un peu pourri ou un truc comme pas très réglo et donc on s 'est dit, comme c 'était une des seules critiques qu 'on avait eu, qu 'il fallait essayer de faire un truc plus réglo quoi. Voilà pour l 'historique.

A : et est-ce que tu pourrais me dire les différents instruments que tu joue et est-ce que c 'était dès le départ cette idée de foutre plein d 'instruments bizarres ?

B : je suis pas mal instruments à vent vu que ma formation c 'est flûte traversière j 'ai commencé quand j 'étais tout petit, 7 ans un truc comme ça et après c 'est quand  j 'ai commencé les medef, j 'ai commencé à faire d 'autres instruments, enfin je faisais un peu d 'harmonica avant donc de l 'harmonica,  puis de la trompette, de la bombarde catalane puis de la bombarde bretonne.

François : un biniou ?

B : non un biniou c 'est une cornemuse. (note d 'A: qu 'il est con ce François) D 'ailleurs après j 'ai fait de la cornemuse. Déjà dans le Deads Balladurs je jouais de la flûte et de l 'harmonica.

A : Alors vous avez joué au Larzac vous en avez pensé quoi ?

Y : techniquement c 'était une super scène

J : oui techniquement à ce jour c 'est la meilleure qu 'on ait fait. Après ce qu 'il y avait autour de la scène, je ne pense pas qu 'on s 'attendait vraiment à ça. Au début, on a su qu 'en sous-main il se montait un truc pour les 30 ans du Larzac, on a eu un mal fou à contacter les mecs, on pensait que c 'était plus ou moins underground etc et quand on s 'est retrouvé là-haut avec cette espèce de méga-organisation on l 'a bien senti monter un mois avant mais on ne pensait pas que ça serait ce genre de truc.

B : ce qui était sympa c 'est que c 'était la scène résistance.

J : y 'a du pour et du contre

M : après typiquement moi je ne m 'estime pas solidaire de la démarche Bové, c 'est une démarche personnifiée et puis les 200000 ou 250000 personnes qui étaient là n 'étaient pas solidaires, y 'avait pas de bureau de vote à la fin pour dire je suis pour ou je suis contre, ils étaient venus voir des concerts gratuits et puis voilà, c 'est pas 200000 personnes qui sont venues pour le village alternatif

Y : faut pas se leurrer quoi, c 'est pas 200000 personnes qui adhéraient à nos convictions, on a croisé des gens qui n 'avaient qu 'une obsession : voir Manu Chao, pouvoir raconter au boulot que c 'était trop bon parce qu 'ils avaient vu Manu Chao

J : moi je ne rejette pas complètement y 'a des choses intéressantes et des trucs vraiment déplaisants c 'est pas tout blanc tout noir quoi.

B : y 'avait  de tout et n 'importe quoi, des trucs vraiment critiquables et des gens intéressants de rencontrer, quand nous avons joué là bas y 'a pleins de mecs qui nous on dit qu 'on était le seul truc un peu punk et que ça faisait plaisir.

F : c 'est quoi la scène résistance ?

B : y 'avait 3 scènes : transgénique, assez métal, résistance et la méga scène.

J : et sur la résistance y 'a eu du punk, du punk acoustique comme Pustule l 'Ardéchois (suite inaudible) C 'était une scène assez éclectique. Le public dans l 'ensemble n 'était pas trop mal. Le seul truc vraiment chiant c 'est que juste quand nous sommes arrivés sur la scène y 'a eu les videurs, enfin le service d 'ordre qui est arrivé et qui est reparti juste à la fin de notre concert. Personne n 'a pu monter sur scène.

Y : je suis allé parler à un videur pendant le concert et il m 'a pris la tête. C 'était super bizarre.

J : c 'est la 1ère fois que ça arrive et nous n 'avons pas trop su quoi faire. On n 'a pas trop réalisé que des mecs essayaient de monter et qu 'on les en empêchait. Ça sert d 'expérience quoi.

A : Et en général les concerts comment ça se passe, vous en avez fait hors de Toulouse, etc ?

J : un sale souvenir c 'est le festival de Saint Thibery où un groupe qui nous avait fait venir et qui s 'appelle Noizorkestra, qu 'on connaît bien et assez porté sur l 'alcool, ils nous ont attendu au pied levé et une fois sur scène on a compris qu 'on était pas en état de jouer.

B : enfin Juju a réalisé qu 'il n 'était pas en état de jouer (rires) donc sans guitariste A la limite il valait mieux être complètement torché pour oublier ça.

J: moi je n 'ai jamais vraiment eu de sales plans à cause du public de l 'ambiance et tout ça, ceux qui se sont mal passés c 'est quand les organisateurs nous ont pris pour des cons. Ce n 'est pas arrivé souvent mais c 'est le pire qui puisse arriver. Après les gens s 'ils n 'aiment pas ben ils aiment pas et si y 'a personne ben y 'a personne

M: on est allé faire un concert de soutien au Koslow à Bordeaux et les gens n 'ont pas déridé une seule seconde. On a joué vers 8h et demi et les gens étaient à 10 m au fond de la salle, on était un peu verts

B : ça pouvait pas bouger y 'avait 3 personnes devant la scène Si, y 'avait les Schleimer qui bougeaient un peu c 'était sympa. Merci les Toulousains

J : sinon y 'a aussi eu des supers concerts comme à l 'usine à Grenade ou au skate park

Y : moi j 'ai surtout des bons souvenirs

B : les trucs bien keupons quand t 'as une tonne de punks déchaînés devant ça c 'est le meilleur.

A : maintenant on va attaquer la série de questions toulousaines :

       . le fait qu 'il n 'y ait aucun concert à Toulouse alors que y 'a plein de punks dans les rues et est-ce que ça vous pose problème à vous ?

Y : De quoi les punks dans les rues ? (rires) Non ben ça fait chier

J : Après c 'est pas qu 'à Toulouse pour en avoir parlé Le manque de salles, de squats

B : si on parle de Toulouse même c 'est là qu 'on connaît le mieux le truc depuis qu 'y le Bikini qui est parti Bon on ne va pas parler des 3 petits cochons Ben t 'as pleins de bars qui ont arrêté de faire des concerts. Nous on a organisé des concerts, on a invité d 'autres groupes et on a vu les endroits fermer, on a fermé pas mal d 'endroits en fait heu pas à cause de nous (rires). Le Ranch c 'est fini, le Caravansérail ils ont arrêté aussi de faire des concerts. L 'Autan ça va reprendre (note d 'Aurélie : bar de poches du centre de Toulouse tenu par une armoire neusk sympa comme tout qui faisait pleins de concerts le dimanche après midi y 'a deux ans)

Note de Momo : en fait, ça a repris depuis septembre 2003, les samedi soir.

A : y 'a aussi le baratin qui a arrêté (bar aux bières artisanales à tomber par terre qui faisait aussi des concerts le dimanche AM à la même période)

B : ils en font toujours mais acoustique, ils ont eu vachement de problèmes de bruit J 'ai été voir un concert dimanche dernier de folk et le type du bar il m 'a dit : « Quand même la cornemuse ça fait du bruit » (rires) alors que c 'était même pas amplifié alors effectivement les concerts c 'est un peu dur.

M : Déjà au niveau flics ils font pas de cadeaux, au niveau municipal non plus, et après quand ça marchait mieux Toulouse, qu 'il y avait pas mal de gens qui se bougeaient à organiser avec par exemple la zone poutrifiante avec des gens des Brutes qui n 'est plus là, les Arrach Moumoutt ils font beaucoup moins de choses, l 'Asso 6 c 'est pareil ils ont un peu restreint parce qu 'avant y 'avait Chez ta mère, le Ranch, (nda : squats RIP) c 'était plus facile

J : c 'est plus un manque d 'endroits que de gens motivés quoi. Des groupes motivés qu 'on pourrait faire jouer, on en connaît, c 'est pas ça le problème. On pourrait le faire s 'il y avait des endroits

Y : enfin des endroits à notre taille, sinon tu vas au Ramier et tu fais une entrée à 15 euros

J : des endroits de grosse taille comme le Bikini ça permet aux groupes de moyenne importance de passer dans ces endroits là et de libérer des endroits plus petits. Maintenant y 'a un effet de saturation qui est un peu lourd.

F : y 'a pas mal de concerts de hardcore pourtant

B : y 'a une différence entre le hardcore et le punk. Par exemple à Un Autre Monde ils font des concerts de hardcore , c 'est des mecs d 'une asso qui font ça qui se sont organisés avec le patron du bar, qui sait que leur public c 'est un public où y 'a pas mal de straight-edges et compagnie, et qu 'ils vont pas foutre le bordel, et toi quand t 'arrives dans un bar et que tu dis « chuis plutôt punk » là plaaaaaaaf t 'as la masse qui arrive « ah punk, punk à chiens drogués qui picolent qui rentrent pas et qui payent pas, qui restent dans la rue pour foutre le bordel et qui rentrent pas voir le concert » enfin voilà t 'as une image les mecs ils sont cons quoi.

J : mon opinion là-dessus c 'est que ce n 'est pas désespéré. Si le mouvement n 'est pas aidé, il va quand même éclore de lui-même et à la limite il n 'en sera que plus fort, parce qu 'il sera incontrôlé.

M : ouais si on demande « la mairie, elle doit faire des choses et tout » c 'est des concessions à la clef.

J : un jour ou l 'autre des concerts y 'en aura et ils seront totalement autogérés et auto réalisés, et pour les fermer ou les empêcher ce sera plus dur. C 'est du moins ce qu 'on voit dans les pays où les squats sont plus développés, et où les scènes sont plus vives parce qu 'elles sont libres de faire ce qu 'elles souhaitent.

B : c 'est pas gagné

J : c 'est pas gagné mais c 'est pas désespéré. Et ce qu 'il faut voir c 'est que c 'est pas une exception toulousaine, c 'est assez général sauf quelques villes où il reste encore des scènes alternatives et qui sont dans la même situation que Toulouse y 'a quelques années c 'est à dire qu 'il y a un arbre qui cache le désert.

B : donc voilà pour jouer, faut jouer au Larzac (rires)

J : non mais tu vois un groupe comme La Fraction, j 'ai lu dans une interview qu 'ils faisaient 80% de leurs concerts hors de France. C 'est assez significatif de l 'état de la scène. Pourtant je pense que c 'est un groupe qui peut passer dans pas mal d 'endroits.

(discussion sur Leftovercrack qui n 'a pas eu la scène qu 'il méritait à Toulouse et blabla bla)

 A : qu 'est-ce que vous pensez de l 'Occitanie, du fait de créer le grand état occitan etc

B : ben on a fait une chanson en occitan qui s 'appelle Bienvenue en Occitanie et on va en faire une 2ème faut qu 'on traduise les paroles

J : je sais pas s 'il s 'agit de faire le grand état occitan mais moi c 'est une langue que j 'entends depuis que je suis tout petit, que je comprends assez bien, que je ne parle pas très bien, il se trouve que les gens du milieu occitan à Toulouse sont des gens supers sympas (NDA : mouais sauf quand certains d 'entre eux soutiennent la tenue de corridas près de Toulouse sous prétexte du maintien des traditions !), qu 'il y 'a pleins de très belles choses dans la langue occitane qui sont complètement oubliées Le problème c 'est que pleins de gens ne réalisent pas vraiment que c 'est une vraie langue et pas un patois, que c 'est une culture qui a eu son prix Nobel de littérature, qui a un fond documentaire énorme, c 'est le moins qu 'on puisse dire

: c 'est pas vraiment question d 'un état politique mais plutôt de faire vivre une culture. Y 'a des occitans qui le voient comme un état à frontière (nda :  pléonasme) et je ne m 'identifie pas du tout à leur engagement. Je risque pas de parler occitan avec eux, si je parle occitan un jour. Après le coté de lutte m 'intéresse aussi, au début du siècle l 'administration et le pouvoir en place n 'ont pas fait de cadeau aux langues minoritaires sous prétexte d 'unification. Parler occitan pour être contre ça, je trouve pas ça idiot en soi.

B : c 'est une langue opprimée, une culture opprimée

M : après c 'est pas la seule c 'est sûr

Y : la chanson c 'est sur toutes les langues minoritaires

M : c 'est une façon de dire on débarque en Occitanie, on s 'est tous rencontrés à Toulouse moi je viens du nord c 'est pareil le patois dans le nord y 'en a qui on fait des chansons en ch 'ti

B : la chanson c 'est « Bienvenue en Occitanie », pas « on est ici chez nous »

J : faut pas faire de la langue un prétexte à exclusion, juste rappeler qu 'elle existe.

F : si je me rappelle bien l 'illustration de la chanson était une carte de l 'Occitanie, les contours on peut les asimiler à une frontière.

B :moi j 'arrive de Paris, l 'Occitanie je sais pas trop ce que c 'est, une carte ça donne une idée de ce que ça englobe comme villes. Après les frontières c 'était les noms des villes en occitan

J :y 'a des cartes de délimitation géographique du pratiqué de la langue, et il se trouve que le tracé des endroits où on parle occitan par rapport aux endroits où on parle le français, le basque etc est assez précis. Le seul endroit où il y a eu mélange c 'est dans les zones pyrénéennes et des alpes. La carte en question était donc une carte de la pratique de la langue. Après l 'occitan est une langue qui dans son parlé est très variée, il y a une différence entre le limousin et le provençal, etc. Il y a une différence entre le français tel qu 'on le parle aujourd 'hui qui est une langue bâtie de toutes pièces puis imposée par « le nord » et l 'occitan qui n 'a pratiquement pas varié depuis dix siècles.

 A : sans transition, parlons d 'AZF : vous avez mis des photos de manif dans le livret, plus jamais ça etc quelle est votre avis sur la question 2 ans après ?

M :moi c 'est la 2ème fois que je vis un accident Seveso, le premier c 'était Métal Europe dans le Nord, mon père était secouriste enfin il était ouvrier et se déplaçait quand ça explosait. Pour moi plus jamais ça, ça veut dire qu 'il y 'en a encore beaucoup d 'endroits comme ça.  La « chance » de l 'avoir eu à Toulouse c 'est que ça a un peu plus sensibilisé le public à ce qu 'il ne faut pas et qu 'il y a beaucoup de travail pour les élus comme ont dit les syndicalistes et autres, pour les populations locales pour que ça arrive plus. 2 ans après je dirai ce qui me perturbe, que je trouve dommage c 'est qu 'on démonte la tour. Je l 'aurais plus vu comme un patrimoine culturel, plutôt que la démonter et dire que ça ne s 'est jamais passé.

J :ils y ont installé des gitans

M :ouais j 'ai vu ça je trouve ça un peu gonflé. L 'appartement dans lequel j 'ai emménagé, les framboisiers et autres ça a morflé, on aurait dû laisser la tour pour que les gens en passant la voient et se disent « c 'est arrivé près de chez vous » quoi.

J : Après, reste le problème de ce qu 'il faut faire. Il y a encore plein d 'usines dans des zones à risques et habitées. Moi le truc qui m 'a super frappé c 'est que dans l 'opinion publique c 'était « ah mais qu 'est-ce que vous voulez faire? Si on ferme toutes les usines ça va faire du chômage » ! Ce qui est hallucinant c 'est que quand il s 'agit de fermer les usines pour les envoyer au Bangladesh ou des trucs comme ça, ça ne choque personne on va dire «c 'est comme ça, y 'a du chômage, c 'est la mondialisation on y peut rien», alors que là y 'a un risque potentiel énorme, on peut au moins ouvrir le débat Je ne veux pas dire que la solution soit de mettre les usines à  risques dans des pays en voie de développement, mais cet argument du chantage à l 'emploi il est utilisé par les médias de façon un peu bizarre.

B : et par le MEDEF

J : et par l 'entreprise responsable n 'a jamais eu à régler ses comptes.

A : et ils dégazent dans la Garonne

J : grosso modo ils ont fait péter à peu près 10% de la ville et voilà: « c 'est un risque industriel, c 'est tant pis pour vos gueules » !

B : un autre constat c 'est que le collectif plus jamais ça il existe plus (la cassette plante) sinon y 'a eu une histoire de 3 millions 8 euros qui devaient être reversés aux sinistrés et que Douste a essayé de replacer dans des infrastructures municipales. T 'as l 'impression qu 'un mouvement est né puis il est retombé et il n 'a pas servi à grand chose. C 'est un constat un peu négatif. Enfin c 'est bien qu 'il y ait des groupes qui s 'appellent comme AZF pour pérenniser le souvenir (rires) si je puis me permettre

A : t 'as été le seul spectateur à bouger à notre seul concert donc tu peux te permettre  

                . Bon et sinon l 'affaire Allègre vous en pensez quoi ?

B : ouais on a joué à Arbas (09) c 'est là où il y 'avait les soirées sado-maso. On voulait rencontrer les protagonistes de l 'affaire, mais là c 'était le club de parapente qui organisait.

M : pour moi le truc le plus flippant dans cette affaire c 'est d 'avoir le président du CSA qui est un des protagonistes de l 'affaire et qui s 'en sort sans éclaboussure sans rien, pas parce qu 'il est intègre mais parce qu 'il est président du CSA. Il a un pouvoir d ‘influence énorme qui est incalculable, y 'a des fouille-merde qui permettent aux affaires d 'avancer et là même les fouille-merde ont fermé leurs gueules. 

J : dans l 'histoire y 'a des meurtres et faut savoir qui a tué qui, mais sinon ça me fait aussi penser à l 'affaire de Clinton, le mec il a sa vie privée

M : c 'est plus que sa vie privée

J : oui mais s 'il a envie de s 'habiller en cuir et de se faire fouetter, il fait ce qu 'il veut c 'est pas un crime. Je ne comprends pas de quoi on l 'accuse Enfin je veux dire sur le premier truc qui est sorti, et qui était « Dominique Baudis il faisait des partouzes » (NDA : il faut quand même dire qu 'un des pontes de l 'anti pornographie en France se faisant choper dans cette situation c 'est quand même super rigolo)

F : mais y 'a des prostituées qui ont été violées et d 'autres qui sont mortes. Allègre il a été commandité par des gens pour tuer des personnes et par dessus s 'est greffé une autre histoire de ragots de pédophilie.  Y 'a deux affaires . C 'est pas qu 'une affaire de SM.

B : y 'a eu de la manipulation partout, c 'est le bordel et au final il en ressort plus rien, Baudis il dira tout le temps blanc blanc et après tu vois l 'autre qui est mort en prison, son principal accusateur, c 'est une histoire ils en ont fait tellement un fouillis qu 'au final tu vois plus ce qui en sort.

J : je sais qu 'au moment de l 'affaire ma grand-mère m 'appelait 2 fois par semaine pour me dire « oh lala, Dominique Baudis tu crois qu 'il a fait tout ce dont on l 'accuse?» Et elle ne parlait pas des meurtres et tout ça pour elle c 'était tout ce qui était SM J 'ai été obligé de lui expliquer pendant une demi-heure que c 'est quand même légal en France de faire des partouzes si t 'en as envie ! En soit ça ne fait pas de lui un criminel.

M : pour moi l 'acte criminel c 'est de commencer à fausser le jeu en cassant les journaux, en faisant pression et autre sachant qu 'il est président du CSA ce n 'est pas normal.

J : t 'as le même problème quand tu vois le procès des emplois fictifs qui s 'ouvre et le principal suspect il est à l 'Élysée bien au chaud.

F : et alors vous avez voté pour lui ?

(malaise général)

M : j 'aurai préféré voter au 1er tour mais je voterai plus.

B : personnellement j 'ai voté pour lui et après je suis rentré au scalp

(éclat de rire général devant l 'absurdité de la phrase)

A : c 'est la suite logique ?

B : si si c 'est vrai après avoir voté, je me suis rendu compte de l 'inutilité de ma démarche. On se sensibilise comme on peut.

A : Pourquoi une chanson sur Tibéri et pas sur Douste, vous vouliez pas faire comme Zebda ?

Y : ben quand on l 'a écrite Douste n 'était pas encore maire de Toulouse, et Tibéri il est fantastique Il nous fascine.

J : Tibéri il se traîne des kilomètres de casseroles au cul, et il a encore une gueule d 'enfant de cœur à faire pleurer les grands-mères et à les faire voter aussi d 'ailleurs

A : ouais même quand elles sont mortes

Y : c 'est une caricature totale

J : c 'est encore lui qui a trinqué pour le président. Il a un peu trempé les mains dans la merde mais pas plus que d 'autres, peut-être même moins, et il se prend tout sur la gueule pendant 6 mois, un an c 'était marrant

B : ouais il se prend tout sur la gueule mais il en ressort aussi blanc comme neige.

J : oui mais il n 'a pas été élu quand même (rires). Tiens, il me donne presque envie de voter pour lui.

M : A la limite j 'aurai préféré voter pour Tibéri que pour Chirac, tant qu 'à faire vu le ridicule de la démarche

Y : si Douste est 1er ministre on fera une chanson

J : non mais on ne va pas faire une chanson sur tous les hommes politiques quand même.

A : qu 'est ce que vous pensez de Zebda et des motivés ?

Y : je sais pas. Qu 'est ce qu 'ils pensent de nous eux ?

M : moi ce que j 'ai appris dernièrement dans leur actualité c 'est qu 'ils allaient faire le morceau pour l 'équipe de France de rugby

A : putain après la brigada à la fête de l 'huma on bat tous les records (oui je sais, je m 'acharne)

M : avec Manu Chao s 'il vous plaît. J 'ai entendu 2-3 couplets bon c 'est un peu mieux que Johnny Halliday.. Ça s 'appelle « la cagne » « est-ce que tu as la cagne » c 'est bien du sud enfin c 'est Zebda quoi. Je les connais pas assez pour savoir ce qu 'ils font dans la vie au niveau des studios des locaux ils aident des zicos apparemment.. Il vaut mieux eux que Johnny Halliday mais j 'achèterai pas leur disque.

B : ils ont leur démarche à eux je pense qu 'ils se veulent honnêtes

J : le problème c 'est que c 'est un peu tout pour eux, ils ont fait croire que y 'avait qu 'eux comme alternative à Douste Blazy alors que c 'est pas vrai .

M : la scène toulousaine elle est super ingrate, c 'est une scène qui ne reconnaît pas ses artistes, pour moi Zebda contribue pas à faire connaître la scène toulousaine malgré la taille et le pouvoir qu 'ils ont. Moi ils m 'apportent rien

B :  pour moi Céline Dion c 'est pareil. Je n 'éprouve aucun intérêt.

Y : voilà, en résumé Zebda c 'est Céline Dion. Question suivante ?

A : Vous pensez quoi de Myris («squat » artistique branché du centre-ville) et du fait qu 'ils soient menacés d 'expulsion ?

B : ça me fait bien rigoler

M : est-ce que c 'est un squat déjà ?

J : moi je n 'y ai jamais été bien accueilli, à chaque fois j 'ai eut l 'impression de déranger. Je n 'ai pas vraiment d 'opinion.

B : ils se battent pour leur propre paroisse, là ils sont menacés d 'expulsion et c 'est « ah oui, tous les squatters, avec nous on va défendre Myris» alors qu 'ils se battent pour leur paroisse et puis les autres ils en ont rien à  foutre, c 'est l 'impression vraiment que j 'en ai.

J : Le truc c 'est qu 'on peut pas vraiment être contre Myris, mais il en faudrait d 'autres qui soient différents. S 'ils font leurs trucs c 'est pas gênant, ce qui est emmerdant c 'est que ce soient les seuls. Encore une fois il en faudrait d 'autre avec une politique différente.

Y : Je vois pas en quoi la disparition de Myris est plus triste que celle de Chez Ta Mère (NDA : petit squat phaco qui faisait pleins de concerts)

B : A voter j 'aurai préféré que chez ta mère ça existe encore et que Myris disparaisse,  après ça reste un squat qui va disparaître, sauf s 'ils arrivent à s 'arranger

M : oui parce que peut-être qu 'ils vont pas disparaître, justement la différence pour moi  par rapport au cas Myris c 'est la différence d 'attitude de la mairie. C 'est un peu leur squat. (NDA : A noter que le candidat PS  de la ville pendant la campagne électorale est allé parader à Myris sans se faire foutre dehors, ce qui serait sûrement arrivé dans n 'importe quel autre squat toulousain)  Eux ils ont la possibilité d 'aller ailleurs, si ils sont virés et que ça existe plus, la plus grande responsabilité face aux squatters ce sera eux, parce qu 'ils peuvent être relogés Chez ta mère si on leur avait demandé « vous voulez un autre endroit ? », ils l 'auraient pris. Myris, si ils le prennent pas et ils arrêtent ils sont responsables du limogeage de leur squat. Après moi je ne suis pas sûr que ce soit un squat.

B : Après ils font des concerts c 'est un point positif.  Après y 'a le coté squat d 'artiste qui est chiant parce que c 'est un squat qui doit être reconnu, alors que le squat en lui-même ne doit pas être reconnu.  Et y 'a un coté élitiste Le squat pour le squat où y 'a des gens qui habitent n 'est pas sensé exister, eux c 'est des mecs qui abusent, qui veulent la propriété tout ça alors que le squat d 'artiste, tout de suite

Y : ouais ils se prennent un peu la tête quoi. Il a raison Bubu leur légitimité c 'est le fait que ce soient des artistes.

J : Ce qui serait bien c 'est un truc comme l 'usine à Genève

A : ouais avec des vigiles

J : ah bon y 'a des vigiles ?

A : oui, des connards finis qui m 'ont éclaté la main dans une porte, ils t 'empèchent de voir le concert pendant 2 heures, tu vois la fin t 'es content

F : oui pour le festival ils engagent des espèces de racailles pour qui les punks c 'est des clochards qui gèrent pas du tout Enfin c 'est particulier les squatts en Suisse. Avant y 'avait beaucoup de squatts qui se montaient à Genève alors ils ont décidé de les légaliser ce qui fait qu 'ils ont perdu beaucoup de leur potentiel subversif. La mairie a monté une politique de légalisation.

J : moi ce qu 'on m 'avait expliqué c 'est que la loi fédérale en Suisse, à partir du moment  ou un squat a une action artistique, recevait des subventions du canton

F : et ils étaient pas expulsables.

J : c 'est critiquable mais c 'est pas

F : c 'est vraiment pour tenter de les contrôler un peu. C 'est sûrement pas par gentillesse

J : Oui c 'est sûr mais ça permet d 'avoir des salles d 'expression

A : bon  c 'est bon, c 'est pas le débat là sur les squatts en Suisse ! En plus j 'ai envie de pisser donc si on pouvait faire vite (il faudrait que j 'arrête de laisser François Vendetta truander toutes mes interviews orales)

F : Non mais la question c 'est pourquoi la mairie de Toulouse laisse Myris à l 'ancienne  préfecture ? (je me fâche) Bon je dis plus rien

A : Vous avez fait une chanson sur les slogans un peu cons, j 'aimerais bien que vous me disiez un slogan que vous trouvez très con.

M : Quand le bâtiment va, tout va

Y :  moi c 'est : « où est le respect ? » On est allé à un concert de reggae où c 'était ça tout le temps « la société elle va mal, où est le respect » c 'était que ça.

B : c 'est comme les histoires drôles, à chaque fois t 'en a, elles sont supers rigolotes mais le problème c 'est qu 'il faut s 'en rappeler. (rires)

A : moi j 'aimais bien « abstention, piège à cons »

M : C 'est Punk Rawk ça non ?

A : non c 'était dans Punk Rawk mais ceux qui ont fait la couverture avec c 'était Télérama.

M : Moi j 'avais un pote qui avait une super pancarte pendant les manifs entre les deux tours, c 'était « Le Pen, tu sers aryen ».

J : Moi j 'aime bien « allez les bleus ! » quand y 'a des flics qui débarquent. (rires)

A : Bubu tu t 'es pas exprimé

B : ben je sais pas

F : Tous à annemasse contre le G8

M : C 'est quoi la chanson ?

A : ben tu sais la chanson contestataire

M : ah oui ? Moi je la voyais pas comme une chanson à slogan

J : C 'est plutôt contre certaines méthodes de contestation

F : Les p4 ils ont un super slogan « F comme fasciste, N comme nazi, à bas le parti socialiste »

A : Je pensais que t 'allais dire « gora eta militara ».. Bon j 'ai trouvé une question bidon sur le medef Raffarin qui tombe dans les bras du medef, est-ce que ça vous étonne, qu 'est-ce que vous en pensez et est-ce que avec la gauche ça aurait été différent, ou simplement plus discret ?

Y : Tu orientes la réponse grave

A : Pourtant je l 'ai même pas rédigée c 'te question

M : de base le medef et le gouvernement c 'est très proche, familièrement ils bouffent ensemble. Les Sarkozy t 'en a un au gouvernement et l 'autre qui est vice-président du medef, donc forcément Raffarin il est plus susceptible de bouffer un soir avec le président du medef qu 'avec moi par exemple, ça c 'est clair (rires) Donc le medef a plus d 'impact sur le gouvernement que moi, donc plus d 'impact sur ma vie de tous les jours. Après avec la gauche je pense que ça réglait pas le fait que Ils sont élus et se disent qu 'ils doivent composer avec le pouvoir en France. Les gens ils s 'en foutent, ils composent avec ceux qui représentent des ressources.

J : moi ça me fait gerber. Cette image du Premier ministre qui va au congrès du medef pour se faire tancer vertement par le président de ce mouvement comme quoi sa politique ne va pas dans le cadre de leurs réalisations je trouve ça scandaleux

B : Au début de l 'année il y a eu cette image comme quoi c 'était la première fois que le gouvernement allait rencontrer le medef, un truc comme ça

J : Jamais on imaginerait un ministre aller à un congrès d 'un syndicat et en recevoir directement ses directives.

B : Le pire c 'est que la politique du gouvernement est de plus en plus liée à celle du medef, c 'est à dire une revalorisation du travail, faut remettre les gens au boulot des trucs comme ça Ils sont de plus en plus main dans la main.

M : C 'est pas une surprise si ils ont pas voté Que ce soit gauche ou droite ils vont faire attention à pas les énerver

J : t 'as un gouvernement  qui applique des choses comme s 'il s 'agissait d 'une entreprise, alors que les gens ne sont pas une entreprise, on est pas leurs salariés ou quoi que ce soit.

B : Là ils prévoyaient une rentrée sociale chaude et c 'est pas si chaud que ça ça fait mal au cœur

A : Yves parle, tu n 'arrêtes pas de te faire couper.

Y : Oui mais c 'est parce que je suis le batteur, ça les énerve quand je parle parce qu 'ils pensent que je suis con, alors qu 'en fait pas du tout. Donc maintenant que j 'ai le micro Bon on a un gouvernement de droite, je vais pas dire « Raffarin ça craint il aime le medef », c 'est un mec de droite et ils s 'entendent voilà ! Ca me fait  vomir parce qu 'on va supprimer un jour férié, on va créer des contrats de travail qui seront bons que quand tu bosses et après c 'est la précarité Après ce que tu dis sur la gauche, c 'est pas la panacée mais pour moi il y a une différence entre une politique de droite ou de gauche, même si la gauche doit encore vachement travailler.

A : Ils ont plus privatisé sous la gauche que la droite

Y : oui, c 'est la belle vie, c 'est le bonheur moi ce qui me fait vomir globalement indépendamment de Raffarin et du medef c 'est que ce soit Fillon ou Francis Mer t 'as des discours qui sont à vomir comme : « il faut remettre les français au travail », « en finir avec la civilisation des loisirs », convaincre les gens que la vraie vie, c 'est du lundi au vendredi, et non pas le WE Enfin voilà comme dit Juju un état c 'est pas une entreprise Leur définition de l 'activité c 'est la mono-activité: tu travailles et tous les autres que ce soit les intermittents, les chômeurs, tout ça on les fout sous  pression pour qu 'ils deviennent laveurs de carreaux

J : T 'as l 'impression aujourd 'hui que vivre se borne à travailler d 'un coté et consommer de l 'autre. « Tout ce qu 'ils peuvent faire par ailleurs c 'est de l 'argent perdu ». On te donne ta télé et c 'est bon t 'es lobotomisé.

A : Vous avez fait une chanson sur les grandes figures de l 'anarchisme, est-ce que vous pensez que c'est important de s 'y référer  ou que c 'est un peu passéiste euh pourquoi vous partez tous ?

Y : C 'est Bubu le délégué pour ça parce qu 'il est au scalp

: Oui, donc moi je suis au scalp depuis Chirac (rires) comme quoi tout arrive

M : moi je trouve ça bien d 'avoir les réflexions de tous ces gens là, de pouvoir les partager, les échanger parce que c 'est des réflexions qui ne sont pas populaires justement parce que c 'est filtré. C 'est sûr qu 'à l 'école on ne va pas t 'apprendre les réflexions de Proudhon ou autre. Moi la première fois que j 'ai lu un truc, c 'est un bouquin que m 'avait offert un pote qui s 'appelait « que sais-je »

(éclat de rire général)

M : Non mais c 'est vrai

A : que sais-je, c 'est une collection, qui font des trucs sur les cathares, les OGMs, heu

M : C 'était « Qu 'est-ce que l 'anarcho-capitalisme » c 'était intéressant de voir qu 'anarchisme c 'est pas forcément bien parce que

A : ça veut rien dire anarcho-capitalisme

M : si c 'est l 'anarchie dans la création d 'emploi

F : le mot libertaire a  justement été créé pour se démarquer de cette fausse définition du mot anarchie

M : Oui donc moi je me dis plutôt libertaire, anarcho-libertaire 

A : Plutôt mâle-masculin

? : Moi je te vois plutôt rebeu-arabe.

M : Oui mais ça c 'est normal  heu Enfin l 'anarchie c 'est une réflexion de tous les jours alors autant gagner du temps en lisant les grands intellectuels C 'est pas de l 'intellectualisme plat, c 'est des activistes.

J : Moi ce que je ne comprends pas vraiment dans cette démarche de l 'anarchie violente (rapport à certains noms de la chanson), c 'est que pour moi c 'est antinomique de l 'anarchie. Comment tu peux dire « y 'a pas d 'autorité » si grosso-modo dès que quelqu 'un ne pense pas la même chose que toi tu lui explose la gueule ? J 'ai un réel problème avec ça.

A : t 'as déjà rencontré beaucoup de gens comme ça ?

J : Des anarchistes qui mettent des bombes?

A : Ils en mettaient au 19ème siècle, c 'était y 'a longtemps quand même

J : Oui mais y 'en a qui continuent à avoir une démarche relativement violente Même casser une banque ou une assurance si quelque part ça vise les structures du système, la démarche en elle-même elle n 'est pas tellement anarchiste

F : C 'est plutôt de la révolte

J : C 'est de la révolte mais en forçant ton mode de pensée, tu t 'imposes comme une autorité morale à quelqu 'un d 'autre.

A : ça peut-être aussi de la légitime défense.

J : Eh, je ne suis pas en train de dire c 'est bien ou mal de faire ça, je dis que ça se mord un peu la queue

B : En dehors de ça la chanson c 'est pour quand tu vois Chirac qui est interviewé sur TF1  qui dit « en Irak, c 'est l 'anarchie », alors que c 'est le chaos c 'est un amalgame qui est courant que tu peux retrouver dans le dictionnaire, partout, les gens ne savent pas de quoi ils parlent, donc c 'est pour ça que parler des « théoriciens » c 'était aussi pour replacer les choses dans leur contexte. Si on sait plus de quoi on parle ça va pas quoi, merde, c 'est le bordel, l 'anarchie le chaos ! (rires)

M : Sinon par rapport à la position de Juju par rapport à l 'activisme violent

J : en général, la violence pour appliquer une idée, je trouve que ça met un rapport de pouvoir qui ne me semble pas en phase avec ce que devrait être l 'anarchie. Je me trompe peut-être.

M : Je pense que face à l 'influence que t 'as sur le pouvoir étatique t 'es obligé de répondre par une certaine forme de violence face à la violence que tu reçois. Je me souviens d 'amis qui sont activistes ils voulaient faire sauter les émetteurs de France 2 et TF1 au moment des résultats du 2ème tour. Pour moi c 'est un réflexe de défense.

J : Oui mais est-ce que ça s 'inscrit vraiment dans une démarche d 'anarchie?

B : Mais quand tu vois ce que fais le gouvernement maintenant, t 'as envie d 'être violent

J : oui, mais on sort de l 'anarchie

F : de toute façon, on est pas dans une société anarchiste.

J : moi je parle du fait d 'instaurer l 'anarchie par la violence

F : l 'anarchie, ça ne s 'instaure pas.

J : oui c 'est exactement ça

F : par contre, il y a des moments où les anarchistes sont obligés d 'être violents pour survivre à leurs idées.

B : Je pense que la violence c 'est un truc qui vient du fond de toi parce que t 'as l 'impression de ne plus pouvoir rien faire d 'autre. Et donc casser des banques et tout ça

Y : C 'est un vaste débat qu 'on a entre nous, également. Faut revenir d 'ici 10 15 ans quand Douste sera président de la république

(Vieux règlement de comptes entre Bubu et Julien pour savoir si les paroles n 'ont pas été imposées à ce dernier.)

(Note de Jules :  oui mais c 'est lui qu 'a commencé !)

(Note de Bub :  va mourir, juju  ! ;) )

A : bon, punk rawk ça vous fait pas chier d 'être des social traîtres ?

M : Non mais c 'est pour trouver des plans concerts et Frank Frejnik c 'est comme ça qu 'il le prend aussi L 'une des chances dans le groupe c 'est d 'être autonome pour ses besoins, avoir un label pour avoir un label ça n 'a aucun intérêt, avoir une interview dans Punk Rawk ça n 'a aucun intérêt si c 'est pas pour avoir des concerts derrière, c'est de la promo quoi.

Y : ça va être affreux. J 'en suis sûr parce que c 'était un truc par téléphone où on discutait, on discutait, et à la fin il m 'a dit « je ferai un résumé de ce qu 'on s 'est dit avec quelques-unes une de tes citations ». Donc j 'ai une idée du truc que ça va donner On a jamais été contacté par un label, là y 'a Punk Rawk qui demande une interview, Punk Rawk c 'est pas non plus super mainstream et pourtant on a découvert très vite que les photos qu 'on avait envoyées ben c 'étaient pas les « bonnes ».  Là je lui ai dit : « ben tant pis quoi . Ce sont ces photos ou rien. » Et ça tu peux le faire parce que t 'es pas à courir après des ronds ou quelque chose Donc je ne sais pas ce qu 'il va faire avec les photos, il a dit qu 'il s 'arrangerait, mais rien que ça pour éprouver le D.I.Y. au contact de ce genre de trucs, c'est autre chose déjà.

B : Ce que je voudrais ajouter, c 'est qu 'on est interviewé par Apatride et on est tout le groupe réuni. Punk-rawk l 'interview c 'est Yves qui l 'a fait, on l 'a laissé s 'exprimer le batteur (rires) Enfin voilà, Punk Rawk on en avait un peu rien à foutre. C 'est une démarche quoi.

J : On leur a envoyé un CD, ils l 'ont écouté c 'est méritoire de leur part. J 'veux dire, on les a pas tannés pour dire «oui on veut être interviewé par Punk Rawk », ils ont écouté puis nous ont proposé cette interview. On ne va pas cracher dessus non plus, c 'est relativement honnête comme démarche, on a pas écrit 15000 fois, ça nous fait un peu connaître c 'est cool, je pense pas qu 'on ait formaté notre musique pour qu 'elle plaise à Punk Rawk

M : Par rapport  à l 'influence qu 'ils ont sur leurs clients ils estiment que les groupes qui sont interviewés doivent passer par  un formatage, ça c 'est pas bon. C 'est pas un support médiatique qui va influer sur la démarche qu 'on a. On parlait d 'anarchisme juste avant, au contact des gens et des expériences qu 'on a c 'est pas facile, pourtant on est 4, déjà vivre une démarche plus ou moins anar entre nous ce n 'est pas facile, donc Punk Rawk va pas nous formater c 'est juste un outil puis voilà. Moi, je ne ferais pas ce que certains groupes ou certains managers de groupes font, c 'est à dire se taper 4 ou 5 fois des allers retours pour être sûr qu 'ils vont passer sur la bonne édition, avoir le bon morceau sur le sampler, et autres. Ca nous tombe dessus, on va dire qu 'on a de la chance et cette chance il est hors de question qu 'elle touche la manière dont fonctionne le groupe. S 'ils modifient le texte j 'espère que les gens qui le liront resteront pas à l 'opposé de ce que nous on pense et voilà.

J : Depuis le début du groupe on a tout fait tout seul, le seul truc qu 'on savait pas faire c 'était s 'enregistrer, bon jouer aussi (rires)! On fait nos albums, on organise certains de nos concerts, quand on le fait pas on fait un peu attention aux conditions des concerts où on va, par contre voilà on fait pas de zine sauf Momo qui en fait un, ça on peut pas faire. Pour un peu diffuser ce qu 'on est en train de faire, on a besoin des gens qui font ça. C 'est vrai que PR, on peut pas l 'assimiler à un fanzine mais ils ne nous ont rien demandé de spécial pour y passer donc

Y : Ce qui sort, ça va être intéressant de le voir.

A : Vous avez quelque chose à rajouter ?

B : ça me stresse que t 'ais envie de pisser

Y : les questions d 'Apatride sont vachement plus intellectuelles que les questions de PR!

B : Un grand merci à Apatride quand même

Y : Pour s 'être retenue de pisser pendant 30 ans, pour pas avoir pissé sur mon tapis.

B : c 'était notre première vraie interview sans limite de temps, parce qu 'à la radio t 'as une limite de temps. Vive les médias où on peut s 'exprimer

Y : et on espère que Vendetta nous fera une bonne critique la prochaine fois

F : arrêtez vous allez me faire une réputation comme quoi je casse les groupes.

M : ah oui on va jouer au rude boy unity ça c 'est cool

J : non si y 'a des videurs pas cools, c 'est pas cool.

(Note de Jules : après y avoir joué, effectivement les videurs étaient franchement chiants)

M : Coucou à Zero Control, Simon et Laurent, les Valseuses qui ont repris du service, aux Dipsomanes et au Trashbugs.

B : Coucou a Earplug, à Vince et Dick,

M : à Despé qui s 'occupe de

A : de crader mon appart (rires)

J :  qui se refait la crête !

M : à Nono des Brutes qui est à Paris maintenant, parce que ça fait longtemps qu 'on ne l 'a pas vu.

B : une pensée émue à In Vinas Veritas

M : aux Schleimer aussi

B : aux Asskronotes, aux Dahus Garous, aux Noizorchestra

J : la scène toulousaine n 'est pas morte.

A : projets ?

Y : plus de concerts, plus de compos

J : je pense que passer dans les Inrockuptibles, c 'est vachement plus tendance.

B : dans Télérama, là ce sera utile

J : dans le Figaro magazine

B : on a pour projet de faire un concert aux universités d 'été du MEDEF

A : la fête de l 'huma comme la Brigada ça vous branche pas ?

Y : oui ça suffit de parler toujours de c 'te Brigada là ! Brigada par çi, Brigada par là au fait c 'est pas eux qui disaient « on ne passera jamais dans Punk Pawk » et ils sont passés dans Punk Rawk ?

: (là c 'est ma précision d 'historienne qui s'exprime) Non, ils ont juste dis dans punk system qu 'ils ne feraient plus d 'interviews dans rock sound (ils l 'avaient fait une fois d 'abord) et qu 'ils préféraient les médias comme punk system (ils étaient contents punk system) et finalement ils en ont refait une. (désolé pour les lecteurs qui se branlent de ce genre de détails idiots qui n 'ont pas grand chose à voir avec le schmilblick )

Y : Nous c 'est pareil, on préfère Apatride

B : Oui apatride c 'est géniaaaaal Bon, on va arrêter là, sinon on va dire des conneries.

Y : non, c 'est pas des conneries, c 'est sincère.

 

Voilà de bons ptits gars n 'est-ce pas ? J 'ai fait un beau pipi et on est allé se coucher parce qu 'on est tous des héros de la classe ouvrière.