Les musiciens galèrent? Qu'ils crèvent!

Vivre en faisant de la musique, c'est toujours bosser et c'est pas plus con qu'un autre boulot. Ils font ce qu'ils veulent, on s'en fout. Après dans les petits réseaux de musiques autonomes, qui n'existent que par l'investissement de quelques uns, il y a des gens dont le but après tout est de vivre de leur musique. Il y en a aussi qui sont prêts à signer chez des gros producteurs et se retrouver dans les circuits de diffusion massive (car il y a une différence entre vivre de sa musique et avoir un contrat sur une major). Ce genre de personnes se retrouvent aussi dans les musiques dites engagées, et la volonté est doublée d'une volonté de «diffuser leur message au plus grand nombre». C'est la raison de ce texte, qui réagit à des propos tenus dans une interview de ce fanzine. Etre engagé et être sur une major, c'est possible, quand on a un engagement de bouffon. Utiliser les medias pour faire passer son message c'est possible quand on a rien à dire. Le seul message qu'on peut faire passer quand on fait de la musique, c'est pas les textes, c'est une démarche autonome basée sur la libre association et le non profit. Les textes de merde pseudo engagé des bouffons pseudo galériens, on s'en torche, on écrivait les mêmes au collège.
Pour que la musique dite alternative le deviennent vraiment, il lui reste encore un travail de taille à effectuer : se débarrasser des stars. Qu'elles aient du succès ou non, qu'elles soient connues ou non, qu'elles gagnent des thunes ou non, la star a une grande gueule mais cherche le succès, elle veut que sa musique de merde soit reconnue comme valant plus que des petits concerts, plus que des petits prix, plus que des interviews et des chroniques dans des petits fanzines. Mais en attendant, la star, c'est une merde comme les autres, alors elle est bien contente quand y'a un petit zine qui l'interview, mais bon c'est qu'un petit zine, c'est bénévole, et la star ne sait pas combien d'heures il faut pour retranscrire une interview. Elle est bien contente quand des gens qui se cassent le cul pour faire des concert prix libre ou réellement tout le monde peut assister l'invite à venir jouer avec son petit orchestre. Mais la star rêve d'autre chose. En attendant, elle profite bien des idéalistes naïfs, elle les insulte même en leur explique que « l'alternatif, c'est bien quand t'es ado ». La star est quelqu'un qui ne s'assume pas. Qui, si elle était vraiment engagée dans quelque chose, elle écrirait dix lettres par mois aux magazines pour avoir une interview, elle ferai la manche dans la rue devant le siège de la major, en espérant qu'un patron la remarque. Mais la star n'a pas envie de s'emmerder. Donc en attendant elle se sert des idéalistes naïfs comme marche pieds, sans oublier de leur cracher à la gueule au passage, parce qu'elle vaut plus qu'eux, c'est une star ! La star se croit tout permis. Mais on l'a reconnue. Qu'elle soit sympa, qu'elle fasse de la bonne musique, qu'elle ai galéré dix ans ou que ses textes soient vaguement politiques, on s'en fout, on la conchie elle et toutes les variétés de sa race de parasite, et on oubliera pas des les mettre dans le bûcher des majors, quelque soit leur coupe de cheveux.

Ces gens participent à la grande entreprise de mort intellectuelle de la jeunesse au même titre que les Spice Girls ou NTM en continuant à propager un spectacle débile d'engagement qui ne dépasse pas le stade de l'écriture et qui surtout nie la propre réalité de ses actes.

Que tombent les masques, comme le disait un célèbre groupe d'adolescents.