BOLCHOI!

A l'occasion de leur concert à st Jean pied de porc , j'ai eu l'occasion d'interviewer bolchoï (cf. rapport du concert dans ces pages), qui est un groupe se revendiquant de l'identité redskin. Je sens que là certains ont déjà peur mais bolchoï est un groupe très intéressant et pas beauf pour un sous avec de très bon textes et musicalement c'est de la oi ! chant mixte à la cameras silens.. Le combo est constitué d'Abi au chant, Nono au chant paroles guitare, Nico à la basse, Arno à la 2ème guitare ou au saxo et Arnaud fraîchement arrivé à la batterie. Ils répondent à mes questions dans un état éthylique assez avancé, ce qui était aussi mon cas, ceci explique la crétinerie de certaine questions et réponses.

Aurélie : Bon alors, ce concert, premières impressions ?
Abi : ben déjà faut que j'apprenne à bouger, parce que c'est hyper stressant t'es devant pleins de gens et à part sautiller sur place. Non sinon c'est cool.
Nico : c’était le premier concert avec notre nouveau batteur, donc on pense que ça va le faire, et les fans de Toulouse c'était cool.
Abi : ouaih c'est clair des gens qui bougent devant et des têtes qu'on reconnaît c'est classe.

Est-ce que vous pouvez nous présentez votre nouveau batteur ?
Arnaud : (prend une voix de trisomique) bonjour je m'appelle Arnaud je suis le nouveau batteur de bolchoï et j'ai super mal aux bras. Je suis au RMI et j'espère qu'un jour je pourrais vivre de ma musique.
Arno : et guitariste de ska war
Arnaud : ouaih ça m'arrive aussi.

Alors au départ, Bolchoï vous disiez que c'était pour le théâtre Russe et maintenant vous changez la signification, j'ai vu ça dans sierra maestra je crois, alors pourquoi est-ce que vous changez souvent la signification de votre nom ?
Nono: on change pas de signification, Bolchoï ça veut dire en Russe « beaucoup, énorme» et ça nous correspond tout à fait..(rires)
Abi : ce qu'il y a de bien avec bolchoï c'est que c’est simple, on est des bolcho on fait de la oï! Dans un milieu qui est souvent pas clair ça annonce la couleur rouge d'entrée!

Et votre démo ça marche comment, quels échos vous en avez eut ?
Nico : on en a été content après l'avoir enregistré, globalement une bonne réaction du public mais là on en est plus content du tout parce que ça correspond plus à ce qu'on fait, maintenant c'est avec une deuxième guitare et avec un sax, on a changé de batteur etc... et là on vient de réenregistrer 4 titres avec Julien le batteur de la Brigada qui sortiront sur un split avec cosa nostra et qui correspondent vachement plus à ce qu'on fait. le groupe a vachement évolué en sortant de la cave, faire des concerts ça a bouleversé pas mal de trucs dans le groupe.
Arno : ouaih il a fallu qu'on se lave, qu'on achète des vêtements!

D'ailleurs vous trouvez que ça c'est passé comment la tournée du RASH ? Abi : très bien. On a vu pleins de copains à nous ce qui était sympa! moi j'ai trouvé que c'était un bon moyen de commencer, faire des concerts en sachant où on allait, en connaissant ceux qui organisaient, en connaissant certains des groupes avec qui on jouait, en étant sûr d'avoir un bon accueil.
Nico : moi j'dirais encore des efforts à faire au niveau de la propagande ce genre de choses, mais au niveau de l'organisation c'était carré et on s'est super bien amusé.
Nono : je veux pas prendre des grands mots mais c'est quand même quelque chose d' «historique» parce que c'est la première tournée oi! et skin en France antiraciste, antifasciste et politisée qu'il y a pu avoir, et je pense que c'est quand même quelque chose, sans prendre l'exagération warrior je dirais ouvertement antiraciste et antifasciste sans forcément en faire un fer de lance ou un fond de commerce mais en étant clair là dessus, et une scène oï qui se « clarifie », dans le sens ou tout le monde peut venir mais pas de fafs ni de nazis évidemment!
Nico : malheureusement dans trop de concerts soi-disant antiracistes y'a pleins de fafs qui se pointent et qui se font pas triquer à l'entrée ni à l'intérieur, et les tournées RASH là c'est clair c'est une garantie de pas de fafs dans les concerts.
Nono : et c'est pas pour autant "vive la révolution" "vive les rouges" etc quoi, regarde bolchoï dans ce qu'on chante etc n'importe qui avec n'importe quelle politique hors faf peut chanter pas mal de nos trucs, parce qu'on chante sur la vie des gens! faut pas caricaturer les reds (il s'interrompt) mais putain tout le monde me jette des cailloux dessus !
Arnaud : moi je voudrais en profiter pour dire que personnellement je suis apo.
Arno : non t'es pas à Pau, t'es à Bayonne ! enfin à st jean pied de porc quoi!
Arnaud : non c'est vrai je suis apo
Arno : bon moi pour poursuivre ce que disait Nono (le phaco de la soirée se pointe) toi t'as oublié tes chaussures! moi je voulais dire que c'est la première fois depuis dix ans... oh tu m'écoutes!
Aurélie: oui je t'écoutte, c'est ce phaco qui (qui essayait de prendre le dictaphone...)
Arno : Donc ça fait dix ans qu'il y avait pas eut ce mix de politique et de musique (mouaih faudrait pas oublier l’anarchopunk même si c'est vrai qu'en France il est pratiquement inexistant) qui tournait ouvertement en France au delà de la oï parce qu'à la tournée du RASH y'avait aussi un peu de ska, de street punk, et voilà depuis bérus rock alternatif c'est quelque chose que il n'y avait plus en France et qui est en train de renaître et cette tournée RASH c'est l'aboutissement ou le commencement de quelque chose.
Le phacochère de service : je peux faire un commentaire ?
Aurélie (pour m'en débarrasser) oui vas-y...
Le phaco : oui alors moi j'encule tout le monde! (je met sur pause sans qu'il se rende compte, vous échapperez à la suite)
(le phaco se casse et Arno continue sur sa lancée)

Arno : le mix politique/musique ça vient quand même du mouvement skinhead qui était le seul à avoir un peu conservé de politique et qui c'est remis au rock'n roll et à toutes ces choses là donc c'est très bien et j'espère que ça va aller en s'élargissant.

Donc c'est quoi vos pires et meilleurs souvenirs et est-ce que vous avez déjà eut des embrouilles ? enfin je suppose qu'à la tournée du RASH vous avez pas dû en avoir beaucoup.
Nico : pas d'embrouilles non, y'a eut un concert à Bordeaux où on a eut pleins de merdes techniques et où on a fait n'importe quoi, heureusement qu'on avait les copains, sinon pour les bons souvenirs tout le reste ça l'a fait.

Y'a des groupes avec qui vous avez pas joué et avec qui vous aimeriez ?
Arno : ska war (hilarité générale)
Aurélie : et sinon ?
Tout le monde : oui ska war.
Nico : y’en a plein, mais on est programmé le 18 octobre au festival rude boys unity de genève et ce soir là on jouera sur la même scène que les stage bottles, klasse kriminale, los fastidios, angelic upstarts et banda bassoti! Je crois qu'on peut pas rêver mieux. Sinon, un qui me ferait fantasmer plus que d’autres c'est the oppressed !
Nono: la souris en 88
Arnaud : body bag
Aurélie : c'est quoi ce truc ?
Arnaud : c'est super c’est du ska-core suisse...
Nico : opcio K95
Nono: notre dame de Paris, motivés.. oui moi je voulais jouer avec zebda moi !!!!
Arno : la semaine prochaine on va jouer pour Bayrou ! Bayrou 2002, tous avec Bayrou pour un programme nouveau.
Abi : biotox aussi, un groupe de Toulouse vachement sympa
Nono : avec Mamère aussi
Aurélie : Et ton père aussi ?
Nono : non il le mérite pas
Arno : ouai, on rêve tous de jouer avec la mère à Nono
Nico : avec sentimental trompette aussi, parce que y'a l’oncle à nono qui joue dedans.
Abi : et avec l'orchestre du bolchoï (bordel général)

C'est vrai que vous voulez arrêter les chansons politiques ?
Nono : si elles font des bêtises on les arrête et on les met en prison.
Nico : pourquoi tu dis ça ?
Aurélie : ben on m'a dis ça que vous vouliez vous concentrer sur les chansons qui parlent de la vie de tous les jours
Abi : je crois que c’est ce qu'on fait déjà
Nico : c'est vrai qu'il y a des chansons plus politiques que les autres dans le sens un peu caricatural du terme comme « violence rouge et colère noire » ou « hier aujourd'hui et demain » qui ressemblent plus à des hymnes qu'à des histoires de la vie quotidienne donc évidemment on va pas en faire 50! après des chansons politiques sans l'être on en a déjà !

Droopy (ivre mort) : qu’est-ce que vous pensez du fait de faire 300 bornes pour vous retrouver daans une grange taguée au fin fond de la campagne à jouer devant 15 types complètement bourrés ? est-ce que vous vous dites "oui là on va continuer" ou "c'est pas la peine" ?
Abi : ouaih ça fait partie du rock n'roll! (bordel monstre)
Nico : non non ça le fait joli décor! pour répondre à sa question il faut demander à celui qui a pas de chaussures.
Arno : je pense que l'unité ouvrier paysan a fait son temps et que je suis plus du coté des ouvriers!
Arnaud : moi je voudrais pas faire de mauvais esprit mais tout à l'heure j'ai laissé échapper quelques mots. J'ai dit "putain c'est vraiment nul à chier ici"
Abi : après moi je tiens à dire que la campagne basque est quand même vachement plus belle que la banlieue lyonnaise
Nico : d'ailleurs on y est jamais allé en banlieue lyonnaise!
Nono : c'est bien comme boum
Nico : oui merci aux P4 quand même...

Que pensez-vous de la scène toulousaine et quelles sont vos relations avec les skins les punks?
Arno : déjà c'est pas la seine c'est la garonne!
Abi : oui on l'a déjà faite celle-là
Arnaud : oui y'a pleins de groupes.
Arno : t'es pas à Pau toi ?
Arnaud : oui donc moi je suis le nouveau batteur et je viens d'un milieu plutôt punk où il y a pleins de bons groupes tels que les condkoï etc heu...
Arno( ?) il en connaît qu'un !
Arnaud : mais non sinon air sheep charly un super groupe qui n'est pas de Toulouse mais d'Albi, y'a vraiment une super scène punk à Toulouse mais pas d'endroit où jouer ou alors le LR à 4500 fr la place non merci!
Nico : Nous ce qu'on a un peu envie de faire c'est de créer une dynamique pour organiser des concerts où les fafs on les laissera pas entrer et où d'ailleurs ils auront pas envie de venir , c'est ce qu'on va faire avec rude boys connection (ils ont organisé le concert brigada-bolchoï-los fastidios... vous n'aurez pas le plaisir d'en lire un rapport because je fais pas de rapports de concerts se passant dans de grandes salles commerciales, de la même façon que je ne chronique pas de disques de majors, mais c'était un bon concert si on exclut le demi à 3,50euros, brigada toujours aussi virils et los fastidios se faisant virer par les gars de la salle parce qu'ils voulaient faire un rappel).
Nono : enfin tout ça pour dire que quand même y'a pas de fafs à zebda...

Vous trouvez qu’elle en est où la présence faf à Toulouse ?
Nono : Je sais pas moi mais y'en a pas dans zebda comme je l'ai dis
Nico : y'a les vieux qui peuvent être dangereux qui vont dans certains concerts, et après au niveau de la présence militante c'est des bouffons. Ils représentent rien, unité radicale c'est une bande de merdeux ils représentent rien qu'ils aillent se faire mettre.

donc vous faites pas d’actions violentes ou ce genre de choses?
Nico : ça nous arrive quand on les croise mais c'est pas prémédité on va dire, c'est plus sur l'impulsion du moment, enfin là je réponds pour moi.
Nono : ah mais moi je sais pas je les ai pas vu à Zebda.
Arnaud : je préfère aller au ciné

A quand une tournée avec Zebda ?
Nono : ah ben ça la balle est dans leur camps

ok. attention une question qui fâche : qu'est ce que vous pensez des groupes qui se revendiquent non-profits ou anti-capitalistes -je ne vise personne ahahah- fasse des interviews voire de la pub dans rock sound ?
Arno : moi je trouve ça très bien
Aurélie : la pub ? Donner 3000 balles à rock sound ? (du coup la question qui fâche, c'est moi qu'elle a faché!)
Arno : oui, apparemment t'as pas l'air d'accord...
Aurélie : les interviews à la limite ( si on peut appeler ça des interviews) mais la pub...
Arno : y'avait le même débat avec les bérus y'a 10 ans quand ils sont passés sur NRJ
Aurélie : oui mais ils ont pas donné des sous à NRJ...
Arno : ben moi ce que je trouve très bien c'est que la scène s'élargisse, alors évidemment c'est des outils capitalistes machin mais je trouve ça très bien si ça peut faire en sorte que ça puisse faire en sorte qu'il y ai plus de gens, c'est pas en s'enfermant dans une marge qu'’on va éradiquer le système capitaliste! il faut profiter de lui pour faire passer le message alternatif, et c'est ce que fait la brigada pour ne pas les citer puisque tu y a fait allusion, en ayant par exemple ses disques à la FNAC, moi je pense que c'est aussi une très bonne chose de faire entendre son message au plus grand nombre de gens possible, et c'est pas pour autant qu'ils se compromettent.
Nono : la limite elle est tant que ça touche en rien le travail qu'on fait, le contenu et que chacun fasse ce qu'il veut.
Nico : oui après y'a des limites c'est clair regarde la ruda salska...

Droopy : oui mais justement tu parles d'alternatif, est-ce que faire une pub payante dans rock sound est-ce que ça montre vraiment ce que c'est l'alternatif, parce que justement l'alternatif c'est de montrer que y'a moyen de produire des disques, d'en distribuer, de faire des concerts en dehors justement des circuits payants ou des pubs payantes, montrer à 4 lycéens que le rock militant c'est juste d'aller acheter un disque à la fnac parce qu'il a vu la pub dans rock sound c'est ça pour vous l'alternatif ?
Arnaud : (attention, vous allez lire là un monologue qui personnellement m'a été très dur à retranscrire. Je l'ai tapé pour respecter mon principe de non-censure et ouvrir le débat mais sachez que je suis très énervée quand j'entend ce genre de propos, je ne comprend pas pourquoi je me fais chier à retranscrire une interview pour quelqu'un qui chie sur le DIY donc qui en résumé dit que le travail que je fais avec mon zine c'est de la merde... Dans ce cas mon gars, arrête de faire de la oï, signe chez sony, répond pas à mes questions et va pleurer chez rock sound... enfin mon avis là dessus est résumé dans le texte que vous trouverez sur le sujet dans ces pages (qui n'est pas de moi) en attendant j'espère que Arnaud était ivre et disait n'importe quoi...) oui bonjour je suis le nouveau batteur donc et tu vois le milieu alternatif j'ai traîné 5 ou 6 ans dedans et je préfère vachement plus faire de concerts devant 600 personnes et vendre mes disques à la FNAC que me péter les couilles dans des caves devant dis pélos qui n'ont pas les tunes pour acheter mon disque.
Droopy : d'où ma question d'avant d'ailleurs
Arnaud (qui apparemment s'en fout) d'où le principe que plus tu diffuse, mieux c'est, si le plus grand nombre de personnes entend ton message youpi c'est pas pour 3 pochtrons, en plus ils sont pieds nus et tout là (rires)... l'alternatif c'est bien quand t'es ado!
Aurélie : dans ce cas tu signes chez sony non ?
Arnaud : oui mais moi si je peux signer chez sony un jour je signes
Aurélie : vous êtes d'accord là ? (le reste du groupe a l'air plutôt mal à l'aise, réponse confuse)
Aurélie : merde vous allez encore changer de batteur !
Arnaud : non mais moi je parle juste à mon sujet, j'ai 30 ans, ça fait 15 ans que je fais de la musique, si je peux signer un album chez sony pour qu'ils me filent de la tune pour faire ma musique dans un super studio et pour vendre des albums,
Aurélie : à 150 balles...
Arnaud : mais tant mieux quoi ! bon pas à 150 balles
Nono : de toute façon il risque rien pour ça... y’a personne qui viendra le chercher !
Arnaud : je vois pas en quoi je serai un vendu qu'une maison de disque me files 300 000 balles pour faire un album.
Droopy : ouaih sauf que t'as rien à faire avec le DIY
Arnaud : oui ben le DIY je l'ai fait tu fait que y perdre de la tune.
Nico : pour ta question tu devrais plutôt demander à ceux qui font la pub
Aurélie : je leur ai demandé ils m'ont jamais répondu
Nono : de toute façon la question se pose pas est-ce qu'on va signer chez universal etc, y'a pas à se poser la question puisque se toute façon la oï c'est pas commercial ça le sera jamais, y'a pas à tortiller du cul pour chier droit: Universal et sony viendra jamais nous demander quoi que ce soit. En tout cas c'est pas d’actualité pour nous, si tu as une question à poser à la brigada tu n'as qu'à leur demander.
Aurélie : non mais y'a pas que la brigada! (et puis ils avaient qu'à me répondre, mais apparemment les questions étaient trop dérangeantes ? sinon ma question c'était plutôt qu'est-ce que eux les bolchoï avaient l'intention de faire, la brigada je m'en branle maintenant)
Nico : le truc c'est qu'à partir du moment ou personne ne t'impose de changer quoi que ce soit à ce que tu dis, ce que tu fais, je vois pas où il peux y avoir de problèmes... A partir du moment ou tu es obligé de faire des concessions
Aurélie : comme vendre un disque à 150 balles ?
Nico : oui bien sûr moi je suis contre le fait de vendre des disques à 150 balles après la brigada c'est pas ça faut pas abuser (et oh mais arrêtez, j'interview pas la brigada) ils sont dans une démarche militante.
Arnaud(?) c'est pas parce que tu passe dans rock sound que tu te vend ou quoi, ça reste un magazine le mec il te fais l'interview il t'appelle voilà t'a rien modifié (hum, vous avez déjà vu une interview dans rock sound ? note à quoi Abi m'a répondu : ben non, on le lit pas!) et ça te fais de la pub.
Nono : là tu parles des disques mais c'est un peu comme pour les bouquins, tu fais pas un bouquin pour le filer à ta mère
Arno( ?): oui d'ailleurs ta mère faudra qu’elle me rende mes disques
Nono : si l'éditeur il te fais pas changer ce qu'il y a dedans... après c'est sûr y'a la pression du système etc... mais bon faut relativiser être chez universal et dans rock sound c'est deux choses radicalement différentes.
( ?) si tous les groupes qui passent dans rock sound sont des vendus, t'as plus personne avec qui jouer
Nono : personnellement je ferais pas de pub dans rock sound mais je serai d'accord de répondre à une interview
Droopy : oui si on peut appeler ça des interviews
Arnaud : si demain mon label qui me donne zéro franc décide de me payer une pub dans rock sound ...
Arno : quel label ?
Droopy : le label de pennywise...
Arnaud : ben moi je vais pas dire non à une pub à 5000 balles, moi je trime toute la semaine je suis au RMI et tout je vais pas dire fuck à une pub dans rock sound
Abi : après y'a un autre truc, c'est un concert pour une asso à la con ou une pub qui fait venir du monde à un concert ça peux permettre de dégager de tunes qui peuvent permettre de bouger gratuitement pour faire un concert de soutien , ça c'est des trucs que tu peux prendre en compte aussi,les thunes ça va, ça vient, de là à faire beaucoup de profit avec ta musique...
Nico : Bolchoï ils ont pas joué pour d'asso à la con... (rires) Nono : le problème il est est-ce que si ton groupe marche c'est parce que ton image elle est construite par la publicité, par les journaux etc... tout ça ou par ton travail et ce que tu as à dire...
Arno : de toute façon c'est nul la brigada... (rires)
Nono : la radicalité c'est pas la forme et puis basta. Rester enfermé dans le DIY etc c'est pas sur qu'on garde vraiment le fond là-dedans, ce qui est important c'est de garder et le fond et la forme et s'adapter au spectacle tout en sachant (fin inaudible)
( ?) on va conclure en disant que bolchoï ne signera jamais chez universal de toute façon.
Arno : la question ça serait plutôt est-ce que c'est se vendre si on accepte des tunes d'universal pour qu'on signe pas chez eux

Bon celle-là on vous l'a souvent posé , qu'est-ce que vous pensez de la place des filles dans le mouvement red et skinhead en général ? qu'est-ce que vous pensez de la réputation super viril-macho que se traîne le mouvement ?
Abi : ben c'est une réalité , y'a pas beaucoup de femmes c'est un truc que tu retrouves de manière générale dans le rock. faut prendre des initiatives être créatif, avoir confiance en soi et c'est pas ce qu'on apprend aux femmes... Après je pense que la réputation qu'on fait aux reds, que ce soit à propos de virilisme, de sectarisme ou de violence aveugle est généralement exagérée et rarement mise en relation à ce qui peut se trouver dans d'autres milieux. Bien sûr je parle de gens que je connais, mais les reds sont pas les plus cons, même si comme dans tous les milieux y’a des gens qui peuvent abuser.
Nono : y'a des mouvements artistiques qui se créent autour de grandes références viriles etc..., les filles elles en ont peut-être rien à branler de ce genre de simagrées, donc c'est peut-être pas des conneries que de dire que le truc skin c'est plus un truc de garçon, pas exclusivement mais...
Nico : chez les "vrais skins" c'est à dire ceux qui vivent le trip pendant de nombreuses années et pas pendant un an à la fac comme certains c'est clair qu'il y a beaucoup de vrais lascars, de mecs qui à la base sont pas forcément progressistes, ça c'est propre au mouvement skin en général et pour n'importe quel mec des classes prolétaires, des classes pas forcément favorisées. Et c'est justement le rôle de certaines personne politisées et de réseaux parallèles d'apporter des valeurs progressistes, y'a beaucoup de gens politisés qui sont clairement anti-sexistes qui répandent ce genres d'idées... Après c'est clair y'a pas beaucoup de filles, c'est pas moi qui dirai le contraire !
Nono : à mon avis si y'a pas beaucoup de filles c'est pas parce que le mouvement il est fermé aux filles?
Nico : ça reste quand même un mouvement ultra-marginal, on a beau en parler beaucoup ça regroupe quand même très peu de personnes en France
Nono : le rock'n roll c'est un mouvement artistique qui est autour de grand référents phalliques , on peut rien y changer, faudrait créer un autre mouvement artistique
Aurélie : ben le rock'n roll peut être très féminin... (regardez je sais pas moi un exemple à la con, becky bondage qui saute partout avec sa mini-jupe en cuir clouté et ses résilles dans punk and disorderly je trouve ça super rock'n roll et loin d'être viril...)
Abi : il peut permettre à des femmes de s'affirmer effectivement , y'en a dans le mouvement skin et dans le rock'n roll en général, des filles qui s'affirment, qui arrivent à vivre ça, faut que les femmes se bougent aussi. Maintenant je sais pas si ça avance à grand-chose de philosopher sur le sexe du rock'n'roll, je crois qu'il vaut mieux simplement se baser sur des actes et des attitudes plutôt que sur la forme ou la couleur du corps Y'a pas beaucoup de skins noirs, en tout cas en France, ce qui ne veut pas dire que ce soit un mouvement raciste...
Nono : ça veut pas dire que les filles c'est la couture et tout ça , faut juste regarder les choses en face , on peut pas plier la réalité à sa volonté c'est comme ça c'est comme ça (peut être faudrait-il refuser dans les concerts les attitudes sexistes de la même manière que les attitudes racistes ?)

bon vos projets quels sont-ils ?
(silence)
aurélie : rien ? (tout le monde se marre)
Nono : survivre...
Nico : ben là, après avoir clôturé l'enregistrement avec Julien on va travailler les nouveaux morceaux parce qu'on a un répertoire un peu juste... et après moi personnellement j'aimerais bien vendre des chocolatines à St brieu.
Aurélie : C'est tout ? à quand une tournée avec ska war aux Etats-Unis ?
Arno : ah non, ska war c'est des nazes.
Nico : ah oui, le festival rude boys unity en octobre.
Arno : plus de concerts possible... et faire un album aussi
droopy : faudrait que vous ailliez des chansons déjà
Nono : oui mais on a pas pu le refourger à sony alors on sait pas trop où on en est,...
Arno : on c'est tous fait triquer du loft...
Nono : par contre le duo avec Jean-Pascal il va assurer.
Nico : et y'a zebda qui compose pour nous
Aurélie : et le clip pour M6 c’est pour quand ?
Nico : faut voir avec la mère à Nono
Nono : moi j'aimerai bien faire un clip
Abi : ouaih quand Toto aura acheté un caméscope
Nono : et puis le concert pour Bayrou pour les présidentielles 2007
Abi : et on va botter le cul aux skins Chévennementistes aussi
Nono : revenons sur Bayrou parce que c’est quand même un point important,
parce qu'on s'est foutu royalement de la gueule de Bayrou pendant la campagne alors que c'est quelqu'un qui a des idées extrêmement progressistes et intéressantes et qui a à mon avis un potentiel extrêmement révolutionnaire !
Aurélie : d'ailleurs vous pensez que c'est qui qui va gagner aux présidentielles ? Abi: la peste ou le choléra
(la cassette plante)

donc quelque chose à rajouter ?
Arno : bon déjà faites pas attention à ce qu'à dit Arnaud tout à l'heure il savait plus ce qu'il disait...
Arnaud : moi je voudrais rajouter un truc mais c'est très personnel, ne riez pas, je pense que tu liras jamais cette interview mais laisse-moi revenir à la maison Isabelle je t'aime
Arno : oui moi aussi je t'aime Isabelle, laisse moi revenir avec Nono à la maison
Nono : oui moi je veux rentrer dans une maison, j'ai froid, j'ai faim je vous aime
(foetus paryty commence à jouer, je m'affole et ils partent en courant avec mon dictaphone !)
Arno : je voudrais remercier tous les gens qui m'ont permis d'être là aujourd'hui, mes parents, les gens de bolchoï, notre producteur, les brigada même si depuis qu'ils font des pubs dans rock sound c'est plus pareil... ensuite je voulais dire tu me taille une pipe Nono ?
Nono : oui, je te taille une grosse pipe (toujours aussi fins ces skins. bruits de slurps baveux)
Aurélie : oui arrêtez les sexistes là, rendez-moi mon dictaphone !
Arno : ouiiiii alors Aurélie elle a dit deux fois salope de cassette ! c'est moyen quand même, limite on croirait qu'elle prend des pubs dans rock sound !
Jiai pas diamis je parle dans une boîte !
Aurélie : bon toi Abi quelque chose à rajouter ?
Abi : putain j' ai rien préparé ?
Aurélie : je sais pas moi, que pense-tu du sexisme contre les cassettes ?
(putain le niveau de mes questions, je crois que j'étais encore plus bourrée que le groupe) Abi : ben déjà je dirais que les cassettes sont asexuées, donc le sexisme contre les cassettes est un non sens et heu...
Nico : moi je vais dormir là

Se sera la conclusion de cette interview chaotique, merci à vous de l'avoir suivie. Vous pouvez aller vous rouler.

CONTACT BOLCHOI: bolchoi@rockstar.net